Les actualités
Témoignage d'un ostéopathe
ISSOIRE
Equitation
mercredi 16 novembre 2011
Des gestes en harmonie avec l'animal
L'ostéopathie équine, à l'instar de l'ostéopathie humaine, est de plus en plus sollicitée et semble mieux acceptée dans les milieux vétérinaires.
Olivier Choruszko
«Tenez-vous prêt pour la photo, cela va aller vite. » Jean-Gilbert Auzelle saisit la patte postérieure gauche de la jument avec ses deux mains, la soulève d'un coup bref à hauteur de croupe, en s'aidant de l'épaule, et la relache aussitôt.
L'animal, qui doit bien peser plus de 500 kg, n'a pas bronché. « Il avait un problème de vertèbre », commente Jean-Gilbert Auzelle. L'ostéopathe équin poursuit ses manipulations, palpant la colonne de son patient à sabots, écoutant les battements de son coeur, observant...
« Les yeux de l'ostéopathe, ce sont ses mains. Les gestes doivent s'harmoniser avec le cheval. » Un traitement doux mais très technique, que Jean-Gilbert Auzelle pratique depuis plus de quarante ans. « Mon grand-père était écuyer au Cadre Noir de Saumur. Je baigne dans le monde de l'équitation depuis tout petit, et j'ai toujours su que je soignerai les animaux. »
Vétérinaire de formation, ce passionné a travaillé durant 22 ans aux États-Unis, dans le Montana. « Je me déplaçais dans les ranchs où je m'occupais de pur-sang arabe et quater horse. Là-bas, je me suis perfectionné, tout en restant en rapport avec Dominique Giniaux, précurseur de l'ostéopathie équine en France. On affirmait les mêmes techniques, à des kilomètres de distance. On s'est rendu compte qu'elles étaient les meilleures. »
Revenu en France, il se porte, notamment, au chevet des montures de Bartabas et de Thierry Lhermite, Mario Luraschi, et s'aperçoit que Dominique Giniaux, décédé en 2004, a fait des émules. « Certains vétérinaires, qui critiquaient cette thérapie il y a quarante ans, l'acceptent aujourd'hui. »
À l'instar de l'ostéopathie humaine, l'ostéopathie animale connaît de plus en plus de succès auprès des cavaliers et des propriétaires. Jean-Gilbert Auzelle, installé à Issoire depuis le mois de février 2011, peut parcourir des centaines de kilomètres en une semaine. Mais la profession n'est pas encore tout à fait reconnue (voir ci-dessus) et attire aussi des personnes qui n'ont pas forcément les compétences et les capacités pour exercer.
« Certains s'inventent ostéopathe, il suffit de se déclarer auto-entrepreneur, et ils peuvent faire très mal au cheval. Quand il n'y a pas de lésion mais quelque chose de pas net, d'insidieux, comme une patte qui boite, on se dit, on va appeler l'ostéopathe. Ce dernier, s'il fait bien son travail, interviendra uniquement s'il en est capable. S'il ne peut pas, s'il ressent que c'est plus grave, il laissera la place au vétérinaire. Nous travaillons en étroite collaboration avec cette profession, ainsi qu'avec les maréchaux-ferrants. »
Question de déontologie, mais aussi de respect pour l'animal, moteur essentiel de cette pratique, estime Jean-Gilbert Auzelle, qui envisage d'immortaliser toutes ses connaissances dans un livre prochainement.
Article La Montagne
En savoir plus.
Symposium Européen de diffusion des connaissances en sciences équines
18/10/2011
Symposium européen de diffusion des connaissances en sciences équines
La filière équine bénéficie d'une image forte à Vichy. Son symposium européen, organisé chaque année au début du mois d'octobre, contribue à la renforcer.
Ce symposium est né, en 2008, d'un partenariat économique entre deux associations, les Journées équestres de Vichy et le Pays de Vichy-Auvergne, auxquelles se sont associés l'Inra, VetAgro Sup, l'Institut français du cheval et de l'équitation et le Conseil du cheval d'Auvergne.
Le vétérinaire Joseph Bléthon (L64), qui assume localement depuis 40 ans des responsabilités électives, professionnelles et associatives, en est la cheville ouvrière : « J'ai mesuré à quel point, au cours de ma carrière professionnelle, la communication entre les mondes de la recherche et des utilisateurs n'existait pas beaucoup ».
L’édition 2011 s’est déroulée le 8 octobre. Une dizaine d’interventions de 20 minutes, ponctuées par un débat de 10 minutes, ont été suivies d’une table ronde avec débat entre professionnels, avec cette année Guillaume Maquaire, célèbre entraîneur de chevaux de courses d’obstacles.
Serge Trouillet
Pour plus d'informations, voir La Semaine Vétérinaire n° 1466 du 14 octobre 2011 en page 22
Article WK-Vet
En savoir plus.
Maréchal-ferrant, formation à la MFR de Saligny (03)
MOULINS
Equins
dimanche 23 octobre 2011
Des balèzes à l'aise avec les chevaux
Maréchal-ferrant ? Un métier de costaud au service des chevaux. La Maison familiale rurale de Saligny est l'une des rares en France à former des apprentis à ce métier ancestral.
Antoine Delacou
Vous pouvez oublier l'image d'Épinal du maréchal-ferrant taillé dans la fonte, tel Cétautomatix, le forgeron du village gaulois d'Astérix.
Pour exercer ce métier séculaire, nul besoin d'être fabriqué avec d'énormes biscotos, d'avoir la carrure d'un deuxième ligne de rugby, du style Fabien Pelous ou Lionel Nallet. Mais, quand même Mieux vaut être du genre costaud, convient Dominique Listrat, le directeur de la Maison familiale rurale (MFR) de Saligny-sur-Roudon : « La profession demande de la force, de l'endurance et nécessite une grosse débauche d'énergie. Il faut un dos, des cuisses, des bras et des mains solides ».
Un métier d'homme fort
Ce métier d'homme fort n'est pas un jeu d'enfant. Il suffit d'ailleurs d'effectuer un petit tour à la forge de la MFR pour le vérifier. Les élèves en maréchalerie sont plutôt gaillards. Marteau en pogne, par une bonne grosse chaleur ambiante, ils cognent dur, très dur, sur des fers incandescents, tout juste retirés du feu.
Alors, métier de bourrin au service du cheval, que celui de maréchal-ferrant ? Évidemment, non ! Métier de spécialiste, métier de précision, avant tout. Métier de femme, aussi, parfois : « Elles sont très minoritaires, mais il y en a. À la MFR, elles sont deux. Si les filles n'ont pas la puissance des garçons, elles compensent souvent par une grande intelligence technique ».
Car de la technique, il en faut : « Pour faire un bon maréchal-ferrant, c'est dix ans de pratique. Dans cette profession, c'est l'expérience qui fait la différence. Fabriquer un bon fer et ferrer correctement un pied de cheval, ça se travaille encore et encore ».
Pour Dominique Listrat, ce n'est donc pas deux petites années d'apprentissage, et l'obtention d'un CAP à la clé, qui suffisent à transformer les élèves en bons professionnels : « On leur conseille, d'ailleurs, d'approfondir leurs connaissances, en passant ensuite un brevet technique des métiers (BTM) ».
Avec ou sans cette spécialisation, le métier de maréchal-ferrant offre, quoi qu'il arrive, des débouchés : « À la sortie des études, c'est un boulot à coup sûr ! »
Tout simplement car, d'un côté, les maréchaux-ferrants ne sont que 1.500 en France contre, de l'autre côté, environ 1 million d'équidés sur le territoire national : « Alors, forcément, il y a plus de demandes que d'offres, confie Dominique Listrat. Je n'ai jamais vu un bon professionnel manquer de travail ».
S'il était autrefois implanté dans chaque village, le maréchal-ferrant ne se trouve plus, aujourd'hui, au XXIe siècle, comme sous le sabot d'un cheval. Progrès technique et évolution de la société obligent, le cheval a été remplacé par les chevaux sous les capots des voitures. Et, mécaniquement, le métier de maréchal-ferrant a pris du plomb dans l'aile. Il ne reste donc plus qu'une petite poignée d'écoles dans l'Hexagone, dont celle de Saligny. Qui ne se fait pas de souci pour son futur.
La selle sur le devant
de la scène
Depuis une quinzaine d'années, le métier de maréchal-ferrant revient sur le devant de la scène. Car la selle a de beaux jours devant elle : « L'équitation, et notamment l'équitation de loisir, fait un retour en force. C'est un marché considérable pour les maréchaux-ferrants ».
Les élèves de la MFR viennent d'un peu partout en France. Comme Thomas, 17 ans, un apprenti originaire de Haute-Savoie. Ce montagnard a trouvé dans le Bourbonnais une formation idéale pour assurer son avenir professionnel : « C'est passionnant. Un métier que je recommande à tous ceux qui aiment le travail manuel et les chevaux. On ne s'ennuie jamais. Car il n'y a pas un cheval qui ressemble à l'autre. Il n'y a donc pas un fer et une façon de le poser qui ressemblent à l'autre. Cela nécessite beaucoup d'observation et de précision. Avec, forcément, une vraie relation de confiance à instaurer entre l'homme et l'animal. Entre les mains d'un maréchal-ferrant, le cheval doit avoir le sentiment de pouvoir dormir sur ses deux oreilles ». Affairé sur les fers depuis qu'il étudie à Saligny, ce jeune apprenti, lui, en tout cas, n'a pas de problème d'insomnie : « La nuit, je dors très bien, car je peux vous dire que, dans la journée, on ne chôme pas ».
Article La Montagne
En savoir plus.
Symposium Européen
Cette année le symposium européen a eu lieu les 7 et 8 octobre à Vichy. Le thème retenu était "élevage et utlisation du jeune cheval". Pour consulter le programme, cliquez-ici.
En savoir plus.
|
|